Ceci dénote la seconde faiblesse des hypocrites.
Qu’ils ne combatent ensembles et uniz
Qu’ils combatent en se cachant
De la souffrance entre eulx
Qu’ils sont sans union
Nulle doctrine ni loy commune ne les attache en une communauté ferme et bien assise.
Leur commun vouloir estoit seulement la jalousie cuisante qu’ilz portoient à l’endroit de l’estranger Muhammad ﷺ, dominant en leur cité, et la veue des leurs propres frères, les Ansār, donnant l’asile aux migrants, leur estoit venin.
Par envie, ils s’efforçoient de joindre leurs forces et mettre hors cette puissance étrangère, en jurant rester farouche et ennemis de l’Islam.
Mais, hors ces propos de malice et mauvaise intentoin, nul lien ne les unissoit.
Chascun de ces chefs tenoit son parti propre, et tous cerchoient leur victoire singulière. Nul n’estoit vray allié de l’autre, mais plustost, ilz entretenait une telle haine et envie les uns envers les autres, que mesmes en présence de l’ennemi commun, ilz ne povoient oublier leurs inimitiés et épargner l’autre.
Ainsy, Dieu Tout-Puissant descouvrit l’état intérieur des hypocrites, devant l’assault sur les Banū Naḍīr, et notifia aux croyants qu’iceulx n’estoient nul danger.
Ne vous espoouvantez donc point, ouyant que, si vous allez assiéger les Banū Naḍīr, quelque chef hypocrite vous frappera par derrier avec deux mille hommes, et mandera les Banū Qurayẓah et les Banū Ghaṭfān contre vous.
Ce ne sont que vanteries qui s’évanouiront en la première tempeste.
Autrement dit : ne donnez poids aux propos ventus de ces couars.
Ils n’ont courage de venir en champ découvert et vous ferir.
D’estre faibles en entendement
Ceci montre la vraye racine de leur langueur : ce sont gens de nul entendement.
C’est-à-dire : au lieu de considérer les choses comme il convient, d’en faire bonne estimation et les affronter avec constance et fermeté, ils ont laissé leur raison aux volontez basses.
Et quand une gent prend ses appétits pour gouverneur au lieu de la raison, elle tombe en confusion et périra.
Sans mesmes qu’ils ne daignent sortir en camp, si on les assaille, ils n’oseront faire front, ains se cloront en leurs bourgs ou se serreront en leurs logis derrière murailles.
Or il est clair que ceste manière de guerre, qui est de se cloîtrer, est purement défensive, et si foible qu’elle ne se fait que de nécessité.
Ils se poussent les unz les autres à la guerre
Des Juifz, il faut noter qu’ils furent moult habiles à inciter les Quraychites et autres alliés contre les musulmans, mais ne se montrèrent oncques à descouvert.
Quand les musulmans les assaillirent, ils tentèrent de se défendre en leurs redoutes et se firent assiéger, mais faillirent et furent honnis.
Ils n’osent vous combatre en campagne, fors que leurs cœurs soient ensemble.
Quant à l’inimitié envers l’Islam, en cela ils font montre d’unité, qui fait croire qu’ils sont d’un mesme cœur.
Mais vérité est qu’en toute autre matière, fors cette haine de l’Islam, ilz sont ennemis mortels.
Mesmes entre les divers lignages des Juifz, il y a grand haine ; et leur amitié envers les Quraychites ou tribus d’idolâtres n’est que feinte, feinte pour s’opposer à l’Islam.
En une union si fausse et sans fondement, comment tiendront-ilz contre ceulx dont les cœurs sont uniz en la foy de Dieu ?
ذٰلِكَ بِأَنَّهُمْ قَوْمٌ لَّا يَعْقِلُونَ
Conclusion : De ne les point craindre
Car ils craignent choses visibles et corporelles, non Dieu comme les croyants.
Et, vuides de toute doctrine et toute noble pensée, jamais ne mettront leur vie en danger.
Mais vous, qui croyez en Dieu, estes prests à livrer vostre âme.


